Partie 1 : La servitude du récit
Partie 1
Les auteurs, esclaves de leurs histoires
Parler des enjeux environnementaux dans nos fictions, de manière organique, efficace, en accord avec les contraintes de marché, est extrêmement difficile. Tellement difficile qu’on le fait à peine, alors que ces enjeux sont les plus importants de notre siècle.
Et pourtant, nous sommes nombreux à nous considérer comme sensibles, soucieux, désireux de produire des récits qui ont du sens… Et tout aussi nombreux à écrire des fictions qui ne reflètent absolument pas cette sensibilité. Voire pire.

Ali G Indahouse, 2002
Pourquoi ? Est-ce qu’on maîtrise vraiment ce qu’on raconte ? Les valeurs qu’on véhicule, les messages qu’on envoie, les représentations que l’on produit ?
Au début, oui, sûrement. On commence un projet comme seuls maîtres à bord. On sait ce qu’on veut dire, on fait des recherches, on fixe un cap, on bosse. Et on imagine, naïvement, que l’histoire suivra docilement nos intentions, tel un bateau descendant le courant…
Sauf que passé un certain point, et on le sait parce qu’on l’a tous vécu : le bateau n’en fait plus qu’à sa tête.
L’histoire commence à avoir sa réalité, et ses propres exigences. Tel enjeu pas assez fort. Tel personnage n'est pas assez complexe. Des centaines de micro-décisions à prendre vite, trouver des solutions qui marchent. Et puis viennent la V2, la V3, les retours, les demandes, les délais, la V4, on réfléchit moins, les clichés s’installent, faute de temps pour les complexifier…
Nos biais nous indiquent des raccourcis séduisants et qui nous font économiser de l’énergie dont on a besoin pour régler les nouveaux problèmes : on n’a plus tel décor, il faut couper… Le temps qui s’accélère, la pression, le bateau est dans des rapides, et nous sommes désormais devenus les esclaves de notre texte. On se bat pour surnager, pour ses convictions, on accepte quelques concessions pour se maintenir à flot…
Ressource :
Et ce n’est que plus tard, bien plus tard parfois, qu’on réalise que notre fiction dit peut-être des choses qu’on assume et dont on est fiers, mais qu’elle en dit aussi d’autres qui ne nous ressemblent pas, voire contreviennent à nos propres valeurs.
La vérité, c'est qu'on n'a jamais complètement le contrôle de ce qu'on raconte. L'admettre, comme pour l’alcoolisme, c'est faire le premier pas vers une prise de recul qui peut nous permettre de reprendre en partie le contrôle.
Prenons l’exemple du président noir de 24h Chrono: les spectateurs auraient d’abord accepté cette idée en série avant de la faire advenir dans la réalité, en élisant Barak Obama. On en concluerait presque que 24h Chrono a fait élire Obama. Mais à y regarder de plus près, peut-être que 24h Chrono, série complotiste au dernier degré, qui justifie l’usage de la torture, a plutôt préparé les esprits à Trump ? Et ceci au dépens de ses auteurs, sans doute persuadés d’appartenir au camp du progrès. Voilà pourquoi il est urgent de rester humble face à notre travail et son impact.
Une fois admis cet état de servitude (parfois douloureusement), on peut encore douter de l’utilité de dépenser de l’énergie à tenter d’y échapper, au moins un peu. L’autre vérité, c’est qu’un scénario ne se résume pas à un discours explicite. Sinon, on n’écrirait pas des scénarios, mais des discours.
Après tout, une fiction reste une fiction, l’art ne se réfléchit pas, et il serait prétentieux de penser que nos petits écrits ont vraiment le pouvoir de changer les gens ou d’influencer le cours des choses.
Or nous, scénaristes de Nouvelle Séquence, sommes intimement convaincus que les colibris que nous sommes ont un rôle pas si anecdotique que ça à jouer dans la bataille culturelle qui fait rage.

La fiction peut-elle vraiment nous faire changer ?
Moi scénariste, ai-je vraiment un pouvoir ? Une responsabilité ? Voire même un certain devoir ?
Ce que montrent les études, c’est que la fiction ne transforme pas radicalement les comportements. Et heureusement : si un film suffisait à changer profondément les gens, nous serions extrêmement influençables, ce qui serait très inquiétant.
En revanche, des études montrent des effets significatifs de la fiction sur les comportements. Une épidémie de grippe endiguée aux Etats-Unis grâce à des épisodes d’Urgences où les personnages se lavent ostensiblement les mains. Des régions brésiliennes exposées à des telenovelas où les personnages utilisent la contraception qui voient baisser le nombre d’enfants par famille…
La fiction pourrait donc contribuer à modifier les normes sociales.
Concernant la sensibilité à l’environnement, notre position, à Nouvelle Séquence, n’est pas qu’un film va tout changer, mais que la répétition des représentations, autrement appelée convergence des récits, contribue à normaliser certains comportements et désirs.
C'est précisément le but de cette boîte à outils. Pour raconter le monde d’aujourd’hui et l’immense défi environnemental auquel nous devons faire face, nous avons cherché des outils concrets, efficaces, pour identifier nos biais inconscients, nos réflexes et nos raccourcis cognitifs afin de regagner scène après scène, personnage après personnage, un peu de terrain sur nos histoires. Parce qu'écrire en conscience, c'est accepter de se battre avec son récit, et ne pas le laisser filer, par défaut, là où il a envie d’aller.
Collectivement nous avons le pouvoir de déplacer la fenêtre d’Overton.
Le saviez-vous ?
En politique, la fenêtre d'Overton désigne l'ensemble des idées qu'une société juge acceptables à un moment donné (par exemple, le tri des déchets n’était pas dans la fenêtre d’Overton en 1963). Le même principe s'applique à la fiction.
Fenêtre d'Overton
Impensable
Radical
Acceptable
Raisonnable
Populaire
Politique en place
Populaire
Raisonnable
Acceptable
Radical
Impensable
C’est d’autant plus valable avec le format sériel qui permet de déplacer progressivement la fenêtre d’Overton sur du long terme.
Comment déplacer la fenêtre d’Overton ?
Respecter un écart de prédiction acceptable
La fiction, c'est le statu quo (la norme, l’ordinaire) avec un écart de prédiction acceptable par rapport à cette norme. Devant une fiction, le spectateur a une fenêtre de prédiction : ce qu'il juge plausible, cohérent, crédible. Elle s'applique aux personnages, aux événements, et même aux genres (un zombie dans une série fantastique est dans la fenêtre. Dans un polar naturaliste, il en sort).
Si l’écart de prédiction est petit : prévisibilité, ennui. S’il est trop grand, la fenêtre se referme : rejet.
Et parler d’environnement dans la fiction, c’est crédible. Au contraire, une fiction contemporaine qui ignore les crises climatiques et environnementales du XXIème siècle raconte un monde qui n’existe pas !
Utiliser la force de l’identification
La fiction active en outre un autre levier cognitif puissant : le biais de l’autorité / notoriété. Car la réception d’un message va majoritairement dépendre de son messager.
Or, l'attachement à un personnage et l'émotion qu'il génère ont une propriété spécifique : ils élargissent temporairement cette fenêtre. Un spectateur qui aime un personnage acceptera de lui, de son monde, de ses choix, ce qu'il n'aurait pas accepté d'un inconnu. L'identification suspend une partie du jugement.
C'est là le pouvoir unique de la fiction. Non pas convaincre de manière abstraite ou théorique, mais créer les conditions affectives dans lesquelles un comportement, une valeur, une réalité jusqu'ici hors-champ devient recevable, parce qu'elle est portée par quelqu'un auquel le spectateur tient.
Mais comment activer ces leviers surpuissants ? Une chose est sûre : parler des enjeux environnementaux n'est pas difficile. En revanche, les inclure de manière organique est extrêmement difficile.
Où se situer en tant qu’auteurs ?
C’est l’une des premières questions que l’on s’est posée, et que l’on a posée aux spécialistes des sciences cognitives que l’on a rencontrés.
Quel positionnement adopter en tant que scénaristes ? Quelle serait la meilleure position pour sensibiliser et encourager les spectateurs à adopter des comportements alignés avec les enjeux environnementaux d’aujourd’hui ?

● Position descriptive : Décrire le monde tel qu’il est réellement, notamment dans ses dysfonctionnements.
Risque : montrer des comportements ou des discours avec lesquels on n’est pas en accord au risque de les normaliser.
● Position prescriptive : Montrer le monde tel qu’on voudrait qu’il soit.
Avantage : établir de nouvelles normes.
Inconvénient : montrer un monde qui n’existe pas au risque d’être hors-sol et d’éluder la réalité.
● Position alarmiste : Montrer le monde tel qu’il pourrait devenir si ça dégénère.
Avantage : sensibiliser.
Inconvénient : préparer nos imaginaires à accepter le pire.
Bonne nouvelle : aucune de ces positions n’est meilleure ou pire qu’une autre. Les trois sont nécessaires. C’est une question d’équilibre. Doser l’alarmisme avec de l’espoir, les problèmes avec des solutions, des personnages prescriptifs mais avec réalisme.
C’est là notre premier ingrédient essentiel : le dosage de l’espoir.
Le saviez-vous ?
Les sciences cognitives
Les sciences cognitives étudient comment l'esprit humain fonctionne, comment on perçoit le monde, comment on prend des décisions, comment on mémorise, comment on ressent des émotions… Et comment tout cela influence nos comportements.
Elles croisent la psychologie, les neurosciences, et la linguistique pour comprendre les mécanismes de la pensée.

a. L'espoir, l'arme principale

1. Piscine de l’inquiétude et impuissance apprise
Il est facile de provoquer une réaction de rejet chez les spectateurs (et les diffuseurs), vu le caractère hautement anxiogène des questions environnementales. En sciences cognitives ce rejet a un nom : la désattention. Et la désattention provoque le désengagement.
Pour mieux pouvoir le contourner, il est nécessaire de connaître ses origines.
Le manque de disponibilité : “la piscine de l’inquiétude”
Lorsque l’on prend conscience des limites planétaires et des conséquences des changements climatiques sur notre quotidien, il y a de quoi être anxieux.
Or, nous avons, cognitivement parlant, une « piscine de l'inquiétude ». Quand elle est pleine, on ne peut plus gérer aucune inquiétude supplémentaire, et ce qui déborde n’est tout simplement pas traité.
La piscine de l’inquiétude explique entre autres ce phénomène de « désattention » face au climat : le cerveau va privilégier des inquiétudes immédiates et tangibles (« je n'ai plus rien dans mon frigo ») à des inquiétudes diffuses et lointaines (« la terre devient inhabitable »).
C’est ce qui explique aussi que les jeunes semblent de prime abord plus sensibles aux enjeux environnementaux (et donc sujets à l’éco-anxiété). Ils ont tout simplement plus d’espace mental à accorder à ces enjeux, parce que leur piscine à inquiétude n’est pas déjà remplie par des inquiétudes matérielles.
Nous avons appris, à force de répétitions, que nous n'influençons que très peu le cours des choses : des échecs répétés nous ont amené à croire que nous n’avons pas de contrôle sur notre environnement, on devient résigné et on abandonne tout espoir de participer au changement. Cette impuissance se convertit en anxiété, pour ensuite devenir démobilisation.
C’est un biais que nous avons tous sur divers sujets : un exemple totalement au hasard, les scénaristes qui n'espèrent même plus signer leur contrat avant de commencer à travailler.
La seule réponse possible, face à ces obstacles, s’appelle l’espoir.
2. L'espoir, c'est quoi ?
Dans un récit, traditionnellement, on aime bien quand il y a un héros, un objectif, un antagoniste. On aime bien que le dénouement soit clair, le problème résolu à la fin du film grâce à l’action décisive des héros.
Malheureusement, en ce qui concerne le dérèglement climatique, rien de tout ça n’est évident. Pire, il semblerait même que de vouloir enfermer le problème du dérèglement climatique à l’intérieur de ces paramètres ne contribue qu’à obscurcir le problème, à le déformer, à le rendre illisible.
Donc dans notre cas : qu’est-ce qu’on entend exactement avec le mot “espoir” ?
La fiction fait office de projection mentale de nos manières de gérer les angoisses. C’est un simulateur. Dans une fiction, le spectateur ne vient pas chercher le problème lui-même : il vient répéter à blanc une stratégie pour y faire face.
Un personnage qui traverse une canicule extrême ou perd sa maison dans une inondation, ne provoque pas seulement de la peur. Il fournit un scénario de gestion déjà éprouvé, que le spectateur a intégré sans même s'en rendre compte, et qu'il pourra mobiliser le jour où il y sera confronté.
Le dosage de l’espoir est donc essentiel pour que la simulation marche et provoque l’engagement du spectateur. Trop peu d'espoir va renforcer le biais de l’impuissance apprise et engendrer une démobilisation. Trop d’espoir (un geek génial va trouver une formule magique pour annuler le réchauffement climatique) va le détourner de la prise de conscience de l’ampleur du problème et engendrer un désengagement.
En fait, l'espoir est bien plus qu’un message à délivrer : c'est une arme tactique qu’il faut apprendre à manier.
« Il faut utiliser l'espoir comme un club de golf pour battre son adversaire. »
— Kim Stanley Robinson
Ce n'est pas tant que les problèmes vont disparaître du jour au lendemain. C’est qu’on a des chances de gagner au moins quelque chose. Des petites victoires et des prises de contrôle successives, qui redonnent espoir dans notre pouvoir d’agir. Un pollueur qu’on arrête, un animal sauvé... En cela, la fiction peut jouer un rôle.
Mais l’espoir, au-delà de ces petites victoires, c'est aussi la promesse d’un mieux être.
La transition écologique ne se vendra pas comme une obligation morale, mais comme une façon de vivre mieux, plus intensément, avec plus de goût, de joie, de cool, d’appartenance, de connexion et de plaisir.
Ce que nous pouvons faire, à notre échelle, est donc rendre ces choix séduisants, incarner leur valeur sensible, montrer que ce qui est sobre ou résilient peut aussi être beau, drôle, excitant, et surtout, nous apporter une forme de sérénité. Et qu’il y a un grand nombre de bénéfices à sortir d’une vie écocide.
À l’espoir s’associe un deuxième ingrédient essentiel pour aborder ces sujets : l’ancrage.

Alcarràs, 2022
b. L’ancrage dans le quotidien
L'ancrage transforme la donnée en sensation, la menace lointaine en friction quotidienne. C'est lui qui rend le sujet narrativement vivant.
Le saviez-vous ?
L’ancrage c’est quoi ? (les scénaristes le savent évidemment déjà mais peut–être que les autres lecteurs, non)
L'ancrage est la capacité d'un récit à relier un enjeu abstrait à une expérience concrète, vécue, immédiate. Ce n'est pas expliquer les principes du réchauffement climatique, c'est montrer un personnage qui n'arrive plus à dormir parce que la nuit ne descend plus en dessous de trente degrés. Ce n'est pas dénoncer les pesticides, c'est montrer un enfant qui a mal à la gorge chaque été depuis qu'il est né.
Le cerveau humain ne donne pas beaucoup d’importance aux choses abstraites et lointaines. Nous avons tendance à privilégier les questions et les réponses directement disponibles dans notre cerveau, c’est-à-dire les plus récentes, les plus proches de nous, les plus récurrentes (on parle en sciences cognitives de saillance, fréquence, et proximité).
Le saviez-vous ?
La saillance, le mot scientifique pour l’ancrage
La saillance est aussi appelée vivacité. Il s’agit de montrer que la question climatique est une contrainte réelle qui prive les personnages de quelque chose (sécurité, relation avec d'autres espèces, conservation de leurs lieux aimés etc..). La saillance peut également être sensorielle (les feux de forêts pour les Corses).
L’idée de la saillance est donc de faire redescendre des enjeux au niveau immédiat, proche, concret, physique. De rechercher la proximité temporelle, spatiale, affective des effets et des conséquences.
Et on peut trouver de la saillance absolument partout. Vous ne nous croyez pas ?
📌 Idées de situations
Dans un procédural qui se passe majoritairement en commissariat ?
La canicule modifie les conditions de travail des policiers. Elle rend la tenue réglementaire difficile à supporter, augmente la criminalité… Les cas de violences faites aux femmes se multiplient et les cellules de GAV sont bondées.
Dans un film d’action ?
Course poursuite entre un scooter thermique et l’électrique. L’électrique fait moins de bruit et démarre plus rapidement aux feux rouges : des bénéfices immédiats et concrets pour le héros qui sème son ennemi.
À cela s’ajoute que notre cerveau préfère des récompenses court-terme directement accessibles plutôt que des bénéfices à long-terme. Concrètement, il préfère gagner 500€ demain, que 5000€ dans 5 ans. Et questions bénéfices court-terme, entendons-nous, côté crise écologique on repassera.
C’est la raison pour laquelle il est primordial de privilégier l’ancrage de ces problématiques dans le réel, le quotidien.
Montrer les conséquences immédiates et concrètes sur la santé, le pouvoir d’achat, la sécurité : le « dans 20 ans » ou le « pour la planète », ne passent pas la barrière cognitive. Pire, on perçoit les intentions de l’auteur, ce qui risque de créer un rejet.
Un danger : « L’effet Mercedes »
À l'inverse, le manque d’ancrage est très vite détecté par le spectateur et menace de créer un rejet immédiat de la globalité du récit.
Nous l’avons appelé « L’Effet Mercedes » tant l’anecdote qui suit est parlante :
« Je suis agriculteur et j’ai vu Les Algues Vertes (film sur la pollution due aux pesticides en Bretagne, ndlr). À un moment, le responsable de la FNSEA (syndicat agricole, ndlr) arrive en Mercedes. Ça n'existe pas ! Ils ont des voitures françaises les mecs de la FNSEA. J’ai jamais vu de mec de la FNSEA conduire une Mercedes. C’est vraiment n’importe quoi ce film ! ».
— un spectateur attentif
Ici le manque d’ancrage de l’antagoniste dans le réel a signé l’arrêt de l’ensemble du message du film. Car c’est avant tout avec les personnages qu’on ancre ces sujets dans le réel.
« J’ai vu un film ou on présentait l’agriculteur bio qui poussait une brouette. N’importe quoi. J’ai éteint la télé direct. ».
— une agricultrice bio
Pour échapper à l’Effet Mercedes, une seule solution : une vraie connaissance du sujet. Ce qui nécessite des recherches approfondies, mais aussi d'interroger des personnes de terrain.
Le saviez-vous ?
Consulter des personnes qui étudient les milieux qu’on aborde peut parfois apporter un complément essentiel aux personnes du terrain qui peuvent avoir des perspectives tronquées. Les sociologues et démographes sont cruciaux sur cette question.
⚠ Warning :
Le didactisme.
Voir un scénariste à l’œuvre plus qu’un personnage
Le public est très affûté, et guette les intentions de l’auteur. Plus un discours dans une fiction est frontal et manichéen, plus le spectateur va se détacher d’un personnage auquel il ne croit pas, et plus il ne va plus voir qu’une chose : les intentions du scénariste.
Or le public résiste dès qu’il perçoit une volonté de le « corriger ». Se sentant manipulé, il va donc rejeter l'œuvre en bloc. Et ce sera bien fait pour nous, avouons-le.